Crédit en 2026 : pourquoi les Français hésitent à s’endetter

Dans un contexte économique incertain, les ménages français adoptent une attitude de plus en plus prudente vis-à-vis du crédit. Selon l’Observatoire des Crédits aux Ménages publié par l’Association des sociétés financières (ASF) et la Fédération bancaire française (FBF), les intentions de souscrire un nouveau prêt atteignent un niveau historiquement bas au début de l’année 2026.

Entre inquiétudes économiques et priorité donnée à l’épargne, les projets financés par l’endettement sont souvent reportés.

Des intentions de crédit au plus bas

Les données de l’Observatoire montrent un recul marqué des projets de financement.

Pour le premier semestre 2026 :

  • seulement 2,8 % des ménages envisagent un crédit immobilier

  • environ 3 % prévoient un crédit à la consommation

Ces niveaux figurent parmi les plus faibles observés depuis la création de cette enquête.

Cette prudence reflète une attitude d’attente face aux conditions économiques et financières actuelles.

Un climat économique qui incite à la prudence

Plusieurs facteurs expliquent cette baisse de l’appétit pour le crédit.

De nombreux ménages estiment que leur situation financière s’est dégradée en 2025, notamment en raison :

  • des préoccupations liées au pouvoir d’achat

  • des incertitudes sur le marché de l’emploi

  • d’un environnement économique jugé moins favorable

Dans ce contexte, les projets importants sont souvent différés : achat immobilier, travaux, équipement du logement ou dépenses significatives.

Une épargne toujours élevée

Parallèlement, les ménages continuent de privilégier l’épargne.

Selon l’Insee, le taux d’épargne des Français atteint 17,9 % au quatrième trimestre 2025, l’un des niveaux les plus élevés d’Europe.

Cette tendance traduit une volonté de constituer une réserve financière afin de faire face aux incertitudes économiques et aux imprévus.

Un recul durable du recours au crédit

Les données de l’Observatoire confirment également une tendance de fond : la part des ménages détenant un crédit continue de diminuer.

En 2025 :

  • 40,4 % des ménages avaient un crédit en cours

Ce niveau est le plus bas observé depuis la création de l’enquête en 1989.

Par ailleurs, près d’un ménage sur sept estime que ses charges de remboursement sont élevées, ce qui contribue à freiner davantage la demande de nouveaux prêts.

Trouver l’équilibre entre épargne et financement

Si la prudence financière peut être une stratégie pertinente, certains projets – notamment immobiliers – nécessitent souvent un financement.

L’enjeu consiste alors à trouver un équilibre entre épargne, investissement et endettement, en tenant compte :

  • de sa capacité de remboursement

  • de ses objectifs patrimoniaux

  • de son horizon de projet

Une analyse globale permet d’intégrer le crédit comme un outil au service d’une stratégie patrimoniale cohérente.

Face à l’incertitude économique, les Français privilégient aujourd’hui la prudence financière et l’épargne. Les projets financés par le crédit sont plus souvent différés, ce qui explique la baisse des intentions d’endettement.

Pour autant, bien utilisé, le crédit peut rester un levier utile dans une stratégie patrimoniale bien structurée.

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