Souvent présentés comme des solutions d’investissement « sur mesure », les produits structurés restent complexes à appréhender pour de nombreux épargnants. Consciente de cet enjeu, l’Autorité des marchés financiers (AMF) appelle à une meilleure lisibilité de l’information fournie aux particuliers, afin de garantir un consentement réellement éclairé.
Un groupe de travail dédié à la commercialisation des produits structurés
Fin janvier 2026, l’AMF a publié les conclusions d’un groupe de travail consacré aux produits structurés commercialisés hors assurance-vie. L’objectif n’est pas de créer de nouvelles règles, mais de diffuser des bonnes pratiques, dans un contexte réglementaire déjà exigeant, marqué notamment par MIF 2 et le règlement PRIIPs.
Ce groupe réunissait des membres issus de plusieurs commissions consultatives de l’AMF (épargnants, gestion, investisseurs institutionnels, organisation du marché) et s’est appuyé sur l’analyse concrète de nombreuses brochures commerciales.
Une information jugée encore trop complexe pour le grand public
Le rapport met en lumière plusieurs points de friction récurrents dans la compréhension des produits structurés par les particuliers :
-
la compréhension réelle des sous-jacents (indices, paniers d’actions, taux…),
-
l’utilisation parfois ambiguë de termes techniques ou marketing,
-
la lisibilité insuffisante des simulations de performance, notamment en scénarios défavorables,
-
l’explication souvent lacunaire de mécanismes complexes comme le décrément,
-
et une présentation perfectible des frais de distribution, pourtant déterminants dans la performance finale.
L’AMF rappelle que toute information doit être claire, exacte et non trompeuse, en cohérence avec le profil et les attentes de l’épargnant.
Vers des bonnes pratiques partagées par la profession
Parmi les pistes avancées, le groupe de travail recommande notamment :
-
l’élaboration d’un glossaire commun des termes techniques, porté par les associations professionnelles,
-
une amélioration de la hiérarchisation de l’information, pour distinguer clairement promesses commerciales et réalités financières,
-
une vigilance accrue sur la gouvernance des produits,
-
une vérification rigoureuse de l’adéquation du produit au profil du client,
-
et un renforcement de la formation des distributeurs.
L’enjeu est clair : éviter que la sophistication technique ne se fasse au détriment de la compréhension et de la protection des épargnants.
Quelle lecture pour les investisseurs particuliers ?
Les produits structurés peuvent avoir leur place dans une allocation patrimoniale diversifiée, mais uniquement lorsqu’ils sont compris, expliqués et intégrés dans une stratégie globale. Le message de l’AMF est sans ambiguïté : la complexité ne doit jamais masquer le risque réel.
Un accompagnement indépendant et pédagogique reste indispensable pour arbitrer entre rendement potentiel, scénarios défavorables et contraintes de liquidité.
