Derrière le sigle T+1 se cache une réforme technique majeure des marchés financiers européens — dont les effets, bien qu’invisibles au quotidien pour la plupart des épargnants, concernent directement la sécurité et la fluidité de leurs placements.
Que signifie T+1 concrètement ?
Lorsque vous achetez ou vendez un titre financier (une action, un ETF, une obligation), la transaction n’est pas réglée instantanément. Aujourd’hui, le délai standard est de deux jours ouvrés après l’exécution de l’ordre : c’est ce qu’on appelle le T+2. À partir du 11 octobre 2027, ce délai sera réduit à une seule journée dans toute l’Union européenne, passant ainsi au T+1.
Pourquoi cette évolution ?
Deux objectifs principaux motivent cette réforme. D’abord, réduire le risque de contrepartie : plus le délai entre l’exécution d’un ordre et son règlement est court, moins il existe de risque qu’une des deux parties à la transaction ne soit plus en mesure d’honorer ses engagements. Ensuite, harmoniser les pratiques européennes avec celles déjà en vigueur aux États-Unis, qui ont adopté le T+1 en 2024.
Où en est la France ?
L’Autorité des marchés financiers (AMF) a lancé une enquête auprès des acteurs de la Place financière pour évaluer leur niveau de préparation. Les établissements concernés devront adapter en profondeur leurs systèmes informatiques, leurs processus de conformité et leurs mécanismes de règlement. Une démarche parallèle est conduite à l’échelle européenne pour dresser un bilan global du marché.
Ce que cela change (ou non) pour vous
Pour un particulier ou un dirigeant qui investit via un contrat d’assurance-vie, un PEA ou un compte-titres, le passage au T+1 ne modifie pas directement la façon de gérer son portefeuille. En revanche, il renforce la solidité de l’infrastructure sur laquelle reposent vos placements — ce qui est une bonne nouvelle.
