Mai 2026 a vu les juridictions françaises rendre plusieurs arrêts majeurs en matière de fiscalité patrimoniale. Ces décisions concernent directement les chefs d’entreprise, les dirigeants et les familles qui anticipent une transmission. Voici ce qu’il faut retenir.
Le pacte Dutreil sous surveillance renforcée
La Cour de cassation a durci l’interprétation du régime Dutreil, dispositif qui permet de transmettre une entreprise familiale avec une exonération partielle des droits de succession. Dans une affaire récente, une société de conseil détenait une trésorerie représentant près de 90 % de son actif total. Les juges ont estimé que cette trésorerie n’était pas nécessaire à l’activité courante et ont refusé le bénéfice de l’exonération, qualifiant l’activité de patrimoniale plutôt que commerciale. Conséquence directe : toute entreprise qui accumule des liquidités importantes doit vérifier que sa structure est bien compatible avec le Dutreil avant toute opération de transmission.
Management packages : une requalification en salaire désormais possible
Le Conseil d’État a précisé les limites des mécanismes d’intéressement utilisés dans les opérations de LBO. Lorsqu’une plus-value sur titres apportés à une holding est directement liée aux fonctions exercées par le dirigeant, elle peut être requalifiée en revenu salarial — et donc soumise aux cotisations et à l’imposition correspondante. Cette décision invite à revoir la structuration des management packages pour éviter toute requalification fiscale.
Dettes successorales : la date du décès fait foi
La Cour de cassation rappelle un principe fondamental : la déductibilité d’un emprunt dans une succession s’apprécie exclusivement à la date du décès. Un emprunt régulièrement contracté par le défunt reste déductible du passif successoral, même si les héritiers en contestent la validité par la suite. Cette précision est utile pour toute famille engagée dans une planification successorale.
Ce que cela change pour vous
Ces décisions illustrent une tendance de fond : les juridictions françaises privilégient la réalité économique des opérations sur leur seule forme juridique. Que vous soyez chef d’entreprise, dirigeant associé ou héritier, ces évolutions peuvent avoir un impact concret sur votre patrimoine et vos transmissions à venir.
