IFI : le tribunal donne raison à un couple face au fisc dans une affaire d’abus de droit

Un couple accusé d’abus de droit…
Un redressement fiscal à plusieurs centaines de milliers d’euros…
Et, finalement, le tribunal qui donne raison aux contribuables.

Le tribunal judiciaire de Compiègne, dans un jugement du 2 septembre 2025, vient de rejeter un redressement pour abus de droit dans le cadre d’une SCI familiale.

Les faits :
Les époux avaient créé une société civile immobilière pour détenir plusieurs immeubles.
L’acquisition a été financée à la fois par un emprunt bancaire et par des apports en compte courant d’associés.
Lors de la déclaration d’IFI, ils ont logiquement déduit ces dettes de la valeur de leurs parts.

Mais le fisc a contesté cette déduction, estimant que les apports en compte courant avaient un objectif principalement fiscal, interdit par la clause anti-abus de l’article 973 IV du CGI.

La décision :
Le tribunal a rejeté cette interprétation.
Selon lui, les apports s’inscrivaient dans une stratégie patrimoniale globale :

  • mutualiser la gestion,

  • faciliter la transmission,

  • protéger les époux.

Autrement dit : il ne s’agissait pas d’un simple montage d’optimisation, mais d’une réalité économique et civile cohérente.

Pourquoi c’est important :
Cette décision précise la frontière — souvent floue — entre optimisation fiscale et abus de droit.
Elle rappelle que la motivation « principalement fiscale » ne se présume pas, et que la logique patrimoniale reste légitime dès lors qu’elle a des justifications réelles.

Retour en haut